lundi, 24 juin 2019
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Le chalet de Marc

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Marc aimait vivre dans son chalet aux balcons garnis de fleurs, face à ses montagnes. Il prenait grand soin de son habitat et parlait à ses plantes en leur prodigant des soins attentifs. Été comme hiver, il ne manquait pas, après chaque journée de travail, de savourer la sérénité des cimes en contemplant silencieusement neiges éternelles, alpages et forêts.

Un matin, le patron de Marc lui annonça qu'il songeait à prendre sa retraite. Le vieil homme, usé par une vie de labeur, méritait bien le repos. Il proposa à Marc de prendre la suite de son affaire tout en précisant que cela n'avait rien d'une aubaine. En effet, les clients se faisaient de plus en plus rares. N'imaginant pas vivre ailleurs ou exercer un autre métier, Marc accepta.

Il travailla dur et son vieux patron l'aida autant qu'il put mais cela ne fut pas suffisant. Dans les villages aux alentours, il y avait de moins en moins d'habitants et pas assez de clients pour que Marc puisse vivre décemment. Bien triste, il n'eut pas d'autre choix que de fermer boutique. Dans la région, Marc ne trouva pas de travail. Le seul poste qu'on lui proposa était dans une grande ville, si loin qu'il dut se résoudre à déménager. Cette inévitable solution déchira l'âme du pauvre Marc.

La nuit précédant son départ, il dormit peu et mal. Par la pensée, il visita une dernière fois chaque recoin de ses montagnes et de sa maison, caressa et huma ses fleurs. Il était profondément triste à l’idée de quitter l’environnement qui l’avait bercé depuis son enfance. Air pur, paysages envoutants, paix, nature rude mais généreuse, tout cela ne serait bientôt plus qu’un souvenir.

Au petit matin, il arrosa une dernière fois ses plantes en leur disant adieu, chargea ses valises dans sa petite automobile et partit le cœur gros. Durant des mois, la maison resta silencieuse et les plantes se racornirent. Chaque pierre des murs du chalet semblait pleurer le départ de Marc. Comme dans bien d’autres endroits, les rires des enfants et le travail des grands avaient cédé leur place à un silence de plomb. Pour les vacances, Marc revint autant qu’il put. Cependant, avec le temps, ses séjours s’espacèrent comme les fils d’un tissu gagné par l’usure.

Manquant d’argent, Marc n’eut pas d’autre choix que de mettre en vente sont chalet chéri. Il plaça des pancartes destinées aux acheteurs potentiels et déposa des annonces un peu partout. Plusieurs personnes lui proposèrent d’acheter sa maison. Il y eut un promoteur qui voulait la détruire avec le reste du quartier pour y construire un hôtel de luxe en béton ; un riche étranger à la recherche d’une résidence de vacances où séjourner quelques semaines par an ; et un type louche aux intentions peu claires. Marc voulait que son chalet retrouve vie, qu’on l’habite avec chaleur et simplicité, alors il refusa toutes ces offres. Les semaines défilèrent sans qu’on lui présente d’autres propositions. Les montagnes, pensives, veillaient sur la maison endormie, s’interrogeaient sur son sort.

Un matin, alors que la verdure claironnait le retour du printemps, une voiture s’arrêta précipitamment devant le chalet de Marc. Une jeune femme en descendit et, prenant appui sur la portière ouverte, respira l’air gaillardement frais. Un jeune homme la rejoint bien vite, et manifesta quelque inquiétude.

- Ca va mieux ma chérie ?
- Oui, ce bon air me fait du bien.
- Excuse-moi, j’ai dû conduire trop vite sur ces petites routes.
- Non, ce n’est pas de ta faute. Si j’ai la nausée, c’est surtout parce que je suis enceinte.

Le futur papa pris sa femme dans ses bras puis laissa son regard vagabonder.

- Regarde, mon amour, comme cet endroit est beau…
- Oui, c’est magnifique. Et tu entends ce petit torrent chanter ?
- Oh, regarde ce joli chalet, juste devant nous, on dirait qu’il est à vendre !

Le jeune couple en fit plusieurs fois le tour. Charmés, ils demandèrent à le visiter. En explorant le logis, ils exposèrent leur projet à l’agent immobilier : fonder une famille dans un endroit paisible et beau, pour peu qu’on y ait besoin d’une infirmière monitrice de ski, et que l’accès à internet permette au jeune époux de gérer ses boutiques en ligne et ses sites web.

Marc fut heureux de leur vendre son chalet. La petite famille lui redonna vie et les fleurs retrouvèrent leurs couleurs d’antan.

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